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En route pour 2026

Deux nouvelles équipes pour renforcer l’exploration de la vision, de la rétine au cortex

En septembre 2026, l’Institut de la Vision accueillera Nathalie Rochefort et Juliette Wohlschlegel. Leurs travaux viendront enrichir les recherches menées sur les mécanismes de perception visuelle et sur les approches de régénération de la rétine. Par leurs parcours internationaux et leurs expertises complémentaires, les deux chercheuses viendront compléter les expertises de l’Institut dans ces domaines clés des neurosciences visuelles.

Fovéa en coloration fluorescente.
Fovéa en coloration florescente. 

Nathalie Rochefort, comprendre comment le cerveau code la vision

Nathalie Rochefort étudie la manière dont l’état physiologique, les comportements et l’expérience d’un individu modulent l’activité des circuits neuronaux impliqués dans la perception visuelle.

Ses recherches montrent que les réponses neuronales à un stimulus visuel ne dépendent pas uniquement des caractéristiques physiques de ce stimulus, mais aussi du contexte dans lequel il est perçu. Les travaux de son équipe ont ainsi montré que l’activité du cortex visuel peut être modifiée par l’état comportemental de l’animal, son niveau d’éveil ou encore son expérience antérieure associée à un stimulus, par exemple lorsqu’un apprentissage est lié à une récompense. Cette approche place la perception visuelle dans une perspective dynamique, où le traitement de l’information dépend étroitement de l’environnement et de l’état de l’individu.

Professeure de neurosciences visuelles à l’Université d’Édimbourg, Nathalie Rochefort a construit son parcours scientifique entre la France et l’Allemagne, après des études de biologie et d’épistémologie à Paris, puis un doctorat européen en neurosciences à l’Université Paris-VI et à la Ruhr-Universität Bochum. Ses travaux ont contribué à une meilleure compréhension de la manière dont les neurones acquièrent leurs propriétés fonctionnelles dans le cortex visuel.

Ils mobilisent des outils de pointe, notamment l’imagerie calcique à deux photons in vivo et des enregistrements électrophysiologiques à haut débit chez la souris éveillée et en comportement. Ces méthodes permettent d’observer l’activité de populations neuronales avec une grande précision et de relier les réponses cérébrales à des conditions expérimentales plus proches de la réalité biologique. Elles ouvrent ainsi la voie à une compréhension plus fine des mécanismes qui gouvernent le traitement visuel mais aussi les interactions entre différentes structures impliquées dans la vision de la rétine au cortex.

À plus long terme, ces recherches viendront nourrir de nouvelles pistes pour comprendre les altérations de la perception visuelle et inspirer des développements en neuroprothèse ou en intelligence artificielle fondée sur les principes du traitement cérébral de l’information visuelle.

Nathalie Rochefort, Future Directrice de recherche, Département Photonique

Nathalie Rochefort,

Future Directrice de recherche, Département Photonique

Vue en microscopie d’une fovéa.
Vue en microscopie d’une fovéa.

Juliette Wohlschlegel, explorer les capacités de régénération de la rétine humaine

Juliette Wohlschlegel rejoint l’Institut en tant que « Junior Group Leader » au sein de l’équipe « Développement et régénération de la rétine : apport des cellules souches pluripotentes », dirigée par Olivier Goureau. Pendant trois ans, elle bénéficiera d’un financement dédié afin de développer sa propre ligne de recherche au sein de l’Institut. Ses travaux porteront sur le développement de la fovéa (structure essentielle de la vision centrale) et sur les mécanismes de régénération neuronale dans la rétine humaine.

Plus largement, ses recherches explorent la capacité de la rétine humaine à mobiliser des programmes de plasticité cellulaire susceptibles de conduire à la production de nouveaux neurones. Ses résultats ont notamment mis en évidence de nouvelles stratégies pour stimuler la régénération de la rétine humaine et pour reprogrammer des cellules gliales en neurones, ouvrant ainsi des perspectives importantes pour la compréhension des processus de réparation tissulaire.

Formée à Sorbonne Université, Juliette Wohlschlegel a réalisé sa thèse à l’Institut de la Vision dans l’équipe d’Isabelle Audo et Christina Zeitz, où elle a étudié des mécanismes impliqués dans certaines maladies rétiniennes rares. Elle y a acquis une expertise dans le domaine des organoïdes rétiniens, utilisés pour modéliser les pathologies humaines et mieux comprendre le développement de la rétine. Elle a ensuite rejoint l’Université de Washington, à Seattle, dans le laboratoire de Thomas Reh, référence internationale en médecine régénérative rétinienne. Les recherches de Juliette Wohlschlegel portent sur la capacité des cellules gliales de Müller à être reprogrammées en neurones rétiniens, une approche qui pourrait, à terme, contribuer à réparer une rétine lésée.

À plus long terme, ces recherches pourraient ouvrir de nouvelles perspectives pour mieux comprendre les capacités de réparation de la rétine et concevoir de futures stratégies thérapeutiques dans les maladies dégénératives de la vision.

Juliette Wohlschlegel, Future cheffe de groupe au sein de l’équipe Développement et régénération de la rétine

Juliette Wohlschlegel,

Future cheffe de groupe au sein de l’équipe Développement et régénération de la rétine