Partager

Deux projets de l’Institut de la Vision distingués
par France 2030

Deux projets de l’Institut de la Vision ont reçu des financements nationaux de l’action programmes et équipements prioritaires de recherche (PEPR) du plan d’investissement France 2030. Ces distinctions mettent en avant l’excellence des équipes de l’Institut de la Vision qui sont investigatrices de recherches innovantes et de rupture d’intérêt national.

France2030

OPTICELL Transplanter des cellules rétiniennes pour redonner la vue

Le projet OptiCell porté par Olivier Goureau, directeur de recherche et chef d’équipe à l’Institut de la Vision, a été sélectionné pour recevoir un financement de quatre ans de 2,3 millions d’euros dans le cadre du programme de recherche des Stratégies Nationales « Biothérapie et Bioproduction de Thérapie Innovantes ». Pilotée scientifiquement par l’Inserm et le CEA, cette action vise à accompagner et à soutenir l’accélération des solutions innovantes du futur dans le domaine des biothérapies.

Une approche régénérative innovante

Le projet OptiCell vise à restaurer la vision perdue en remplaçant les cellules de l’épithélium pigmentaire rétinien (EPR) et/ou les photorécepteurs (cellules photosensibles) défectueux par des cellules ou tissus préorganisés issus de cellules souches pluripotentes humaines. Les traitements actuels permettent principalement de ralentir l’évolution des maladies, sans restaurer la vision perdue. Cette nouvelle stratégie répond au défi de proposer une nouvelle génération de tissus bio-ingénierés pour contrer efficacement la cécité ou la diminution visuelle engendrées par la perte progressive des photorécepteurs. Cette dégradation observée dans les maladies rétiniennes, comme la dégénérescence maculaire liée à l’âge ou les rétinopathies pigmentaires, est l’une des principales causes de cécité dans les pays industrialisés.

Un projet aux expertises multidisciplinaires

Les premiers résultats sont prometteurs, avec des essais cliniques de phase I/II en cours pour les cellules d’EPR et des avancées significatives dans le transfert de photorécepteurs issus d’organoïdes rétiniens (avatars 3D de rétine). Le principal défi consiste désormais à produire ces produits de thérapie cellulaire à grande échelle et à développer des contrôles de qualité non destructifs, fiables et accessibles afin de répondre aux besoins des patients.

Pour atteindre ces objectifs, permettant une avancée majeure dans le domaine des thérapies rétiniennes, le projet réunit de nombreux partenaires experts en thérapie cellulaire et tissulaire de la rétine, bioproduction de cellules souches, biotechnologie des polymères et intelligence artificielle appliquée au vivant. Ce sont ainsi jointes à l’équipe de l’Institut de la Vision, trois équipes des laboratoires IStem (Institut des cellules souches pour le Traitement et l’Étude des maladies Monogéniques) de l’INSERM, C2N (Centre de Nanosciences et de Nanotechnologies) du CNRS et SAMOVAR (Services répartis, Architectures, Modélisation, Validation, Administration des Réseaux) de Télécom SudParis.

OLIVIER GOUREAU, Coordinateur du projet, Équipe Développement et régénération de la rétine : apport des cellules souches pluripotentes

Olivier GOUREAU,

Coordinateur du projet, Équipe Développement et régénération de la rétine : apport des cellules souches pluripotentes

ON-CHIP — Une plateforme multi-organe 3D pour mieux comprendre le glaucome

Coordonné par Xavier Guillonneau, chargé de recherche à l’Institut de la Vision, le projet ON-CHIP vise à développer une nouvelle plateforme innovante « sur puce » de nerf optique qui permettra de mieux comprendre les mécanismes pathologiques du glaucome pour proposer de nouvelles thérapies ciblées et personnalisées. Le projet ON-CHIP est lauréat de l’appel à projet du programme France 2030 de recherche exploratoire « Organes et organoïdes sur puces » piloté scientifiquement par le CEA, le CNRS et l’Inserm. Il a reçu un financement de 2,3 millions d’euros sur quatre ans.

Une nouvelle génération de modèles biologiques

Le glaucome est une maladie neurodégénérative multifactorielle qui résulte de facteurs mécaniques, inflammatoires et génétiques. Il se caractérise par une dégénérescence progressive des cellules ganglionnaires de la rétine (CGR), dont les prolongements (axones) forment le nerf optique.

Pour mieux comprendre cette dégénérescence, le projet « Human Optic Nerve-on-a-Chip » (ON-CHIP) développe une plateforme microfluidique multi-organes miniaturisée. Sa partie centrale reproduira, à l’aide d’un microcanal, un nerf optique 3D connecté de part et d’autre à des organoïdes rétiniens et à des assembloïdes cérébraux (assemblages d’organoïdes simulant différentes régions cérébrales), dérivés de cellules souches pluripotentes. Cette plateforme multi-organes 3D représentera une avancée sans précédent par rapport aux modèles 2D actuels.

Vers un traitement personnalisé

Le modèle reproduira également l’environnement pathologique complexe du glaucome : les conditions neuroinflammatoires, la pression intraoculaire et les risques génétiques spécifiques au patient. Grâce à des biocapteurs génétiquement codés, l’équilibre fonctionnel des CGR pourra être suivi en temps réel, offrant une évaluation dynamique et personnalisée de la fonctionnalité du nerf optique.

À terme, cette plateforme permettra donc d’accélérer l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques, de tester des traitements personnalisés et d’améliorer les stratégies de médecine régénérative pour les patients atteints de glaucome.

Le projet réunit trois instituts : l’Institut de la Vision, l’institut de Biologie de Paris-Seine (Neuro-SU) et l’Institut du Cerveau (ICM).

Xavier Guillonneau, Coordinateur du projet, Équipe Inflammation et immunologie dans les pathologies de la rétine

Xavier Guillonneau,

Coordinateur du projet, Équipe Inflammation et immunologie dans les pathologies de la rétine

Organoïde rétinien où les cellules ganglionnaires envoient leurs prolongements axonaux vers un compartiment distant au sein d’un dispositif microfluidique qui guide leur projection dans une seule direction.
Organoïde rétinien où les cellules ganglionnaires envoient leurs prolongements axonaux vers un compartiment distant au sein d’un dispositif microfluidique qui guide leur projection dans une seule direction.