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Un continuum entre recherche fondamentale, expertise clinique, ingénierie et entrepreneuriat

Lorsqu’une intuition scientifique devient une preuve de concept solide, la recherche translationnelle se met en place. Le chemin s’ouvre pour conduire les premières études chez l’humain. L’Institut de la Vision va alors accompagner pour confirmer les résultats, réunir les expertises cliniques et technologiques et structurer un environnement industriel, souvent par la création de start-up issues de ses travaux. L’implant Prima et la thérapie génique SPVN20 illustrent deux voies complémentaires de cette dynamique, l’une technologique, l’autre biologique, avec un même objectif : transformer l’excellence scientifique en bénéfices concrets pour les patients.

Un continuum entre recherche fondamentale

L’implant rétinien PRIMA, pour restaurer une vision centrale utile

Issu de plus de vingt années de recherche menées à l’Institut de la Vision, en collaboration avec des partenaires académiques et industriels internationaux, l’implant sous-rétinien PRIMA constitue une avancée majeure pour les patients atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) atrophique avancée — une forme de la maladie sans traitement curatif, et dont les options thérapeutiques pour en ralentir la progression restent limitées. Les photorécepteurs situés au centre de la rétine disparaissent progressivement. Si la vision périphérique peut être partiellement préservée, la perte de la vision centrale entraîne un handicap pour lire, reconnaître les visages, distinguer les détails et accomplir de nombreux gestes du quotidien.

Développé initialement avec Pixium Vision, start-up issue de l’Institut de la Vision, puis poursuivi par Science Corporation, PRIMA repose sur une approche innovante : contourner la perte des photorécepteurs en mobilisant les circuits rétiniens encore fonctionnels. Implanté sous la rétine, ce dispositif miniature agit comme un relais. Des lunettes équipées d’une caméra captent les images de l’environnement du patient, les convertissent en signaux lumineux infrarouges, puis les projettent vers l’implant. Celui-ci transforme ces signaux en microstimulations électriques, capables d’activer les cellules rétiniennes résiduelles et de transmettre l’information visuelle au cerveau.

Ces premiers résultats cliniques marquent une étape importante : plus de 80 % des patients inclus ont présenté une amélioration de leur acuité visuelle, avec la capacité d’identifier des grosses lettres, des chiffres ou des mots.


Référence :
Holz FG, Sahel JA, Palanker D, et al. Subretinal Photovoltaic Implant to Restore Vision in Geographic Atrophy Due to AMD. New England Journal of Medicine. 2025;393:1481-1492. doi:10.1056/NEJMoa2501396.

 

NYRVANA, pour préserver la vision plus longtemps

Portée par SparingVision, biotech issue des travaux de l’Institut de la Vision, cette étude évalue SPVN20, une thérapie génique innovante destinée aux maladies rétiniennes héréditaires, dont la rétinopathie pigmentaire. Ces pathologies rares entraînent une réduction du champ visuel, des difficultés à se déplacer dans l’obscurité, puis une perte de vision parfois sévère ou totale.

Contrairement à de nombreuses approches développées pour une anomalie génétique précise, SPVN20 repose sur une stratégie dite mutation-indépendante. Son objectif n’est pas de corriger un gène particulier, mais d’agir sur les mécanismes biologiques communs à la dégénérescence rétinienne afin de protéger les photorécepteurs encore présents et de ralentir leur disparition.

Cette approche répond à un enjeu majeur : plus de 300 gènes peuvent être impliqués dans les dystrophies rétiniennes héréditaires, ce qui rend le développement de traitements individualisés particulièrement complexe. En proposant une stratégie potentiellement applicable à un grand nombre de patients, NYRVANA ouvre une perspective nouvelle : préserver plus longtemps la vision utile, retarder l’évolution de la maladie et maintenir l’autonomie au quotidien.
L’étude NYRVANA a inclus son premier patient en octobre 2025 ; elle poursuit son recrutement en vue d’évaluer le potentiel de SPVN20.

Plus largement, elle s’inscrit dans un champ d’innovation en pleine structuration : l’étude PIONEER menée par GenSight Biologics, start-up également issue de l’Institut de la Vision, explore une approche optogénétique associant thérapie génique et dispositif lumineux, avec des données cliniques publiées sur la sécurité et les premiers signaux d’efficacité. Ensemble, ces études illustrent la diversité des stratégies pour lutter contre les formes avancées de rétinopathie pigmentaire.

Illustration d’un fond d’œil avec la pose de PRIMA.
Illustration d’un fond d’œil avec la pose de PRIMA.

Référence :
Essai clinique en cours : NYRVANA – SPVN20 in advanced retinitis pigmentosa. ClinicalTrials.gov Identifier: NCT06789445.